Divorce international : faire reconnaître un jugement suisse à l'étranger
Un jugement de divorce prononcé en Suisse doit, dans la plupart des cas, être reconnu séparément dans le pays du mariage ou de nationalité pour y produire ses effets d'état civil.
Pourquoi une démarche séparée est souvent nécessaire
Un jugement de divorce suisse, une fois entré en force, produit pleinement ses effets en Suisse : il est communiqué d'office à l'état civil suisse, aux institutions de prévoyance concernées et, le cas échéant, au registre foncier. Il ne produit toutefois pas automatiquement les mêmes effets dans un autre pays, en particulier lorsque le mariage y a été célébré ou que l'un des époux en a la nationalité.
Pour que ce divorce soit inscrit à l'état civil étranger, opposable aux autorités locales, ou pour permettre un remariage reconnu dans ce pays, une démarche de reconnaissance est le plus souvent nécessaire auprès des autorités de l'État concerné.
Deux grands mécanismes, selon le pays
Certains pays reconnaissent un jugement de divorce étranger par une simple transcription administrative dans les registres d'état civil, sur présentation du jugement définitif et de sa traduction certifiée.
D'autres pays exigent une procédure judiciaire de reconnaissance (souvent appelée exequatur), au cours de laquelle un tribunal local vérifie que le jugement suisse respecte certaines conditions minimales : compétence régulière du tribunal suisse, respect des droits de la défense, absence de contrariété avec l'ordre public local.
Des conventions internationales, bilatérales ou multilatérales, peuvent simplifier ces démarches entre la Suisse et certains États ; leur existence et leur portée doivent être vérifiées au cas par cas, pays par pays.
Ce qu'il faut généralement prévoir
Le jugement de divorce suisse revêtu de la mention de son entrée en force (souvent appelée « certificat de non-recours » ou équivalent délivré par le tribunal).
Une traduction certifiée conforme du jugement dans la langue officielle du pays concerné, réalisée par un traducteur reconnu.
Selon le pays, une légalisation ou une apostille du jugement, lorsque le pays est partie à la Convention de La Haye du 5 octobre 1961 supprimant l'exigence de légalisation.
Les pièces d'état civil originales (acte de mariage, actes de naissance des enfants) susceptibles d'être mises à jour à la suite du divorce.
Nos recommandations
Renseignez-vous idéalement avant même le dépôt de la requête en Suisse auprès du consulat ou de l'ambassade du pays concerné, ainsi qu'à l'état civil local si le mariage y a été célébré : les délais de reconnaissance peuvent être longs et certains pays imposent des conditions de forme spécifiques à la procédure suisse elle-même.
Ce guide donne un aperçu général ; la reconnaissance d'un jugement à l'étranger dépend entièrement du droit du pays concerné et évolue régulièrement. Pour une situation binationale ou un patrimoine situé à l'étranger, un avis juridique local complète utilement l'accompagnement suisse. Pour la compétence des tribunaux suisses lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, consultez notre guide sur le divorce en Suisse après un mariage célébré à l'étranger.
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Commencer mon dossierCe guide a une vocation d'information générale sur le droit suisse et ne remplace pas un examen individuel de votre situation.